Portraits d'agriculteurs urbains

Dans cette rubrique, vous découvrirez les visages d’acteurs porteurs de projets en agriculture urbaine qui m’inspirent et que j’admire pour leur vision et leurs convictions.

Luis gomez et le jardin des possibles

Le 20 février 2017

Luis Gomez a été le coordinateur du CRAPAUD (Collectif de Recherche en Aménagement Paysager et Agriculture Urbaine Durable) de l’Université du Québec à Montréal UQAM : proactif et des projets plein la tête, c’est une vraie référence. Il travaille désormais pour Alternatives Nourrir la Citoyenneté et va s’envoler pour deux mois et demi au Cameroun pour de nouveaux défis, en agriculture urbaine évidemment !

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Qu’est-ce que tu voulais faire quand tu étais petit?

Comme la plupart des enfants, je rêvais d’être policier, médecin ou star de musique. Chaque année ça changeait. En tout cas, je voulais être tout, sauf un agriculteur urbain, ça, c’est sûr !

Est-ce que tes parents ou tes grands-parents étaient originaires d’un milieu agricole?

Je ne sais même pas. Il faudrait que je demande à mes parents! Peut-être, mais ça doit faire plusieurs générations.

Je suis né au Mexique, mais j’ai grandi à Montréal et il y a 10 ans on est parti vivre à Laval. Donc, j’ai toujours vécu dans une ville. On est déconnectés de la nature malheureusement.

Quand je travaillais au CRAPAUD beaucoup de gens venaient par curiosité, d'abord à certaines rencontres puis ils aimaient ça et finalement penser à acheter une ferme !

Qu’est-ce que tu as ressenti quand tu as jardiné pour la première fois? Est-ce que ça a été une évidence pour toi ? que tu allais continuer et en faire ton métier?

La première fois c’était en 2011, avant ça j’aimais beaucoup le milieu de l’aquarium, l’aquascaping : faire des paysages avec des aquariums, jouer avec les formes et les textures. J’ai toujours été attiré par les plantes. A Laval, où j’habite, il y a un programme d’horticulture donc j’ai décidé de me former là-bas. Et j’ai vraiment aimé ça ! Mais quand je l’ai fait concrètement à la fin de l’École, je me suis dit « bon on est en train de désherber, c’est tout ! ». Souvent le métier d’horticulteur c’est principalement l’entretien des espaces, donc le désherbage et j’ai ressenti un doute quand j’ai commencé. Je me suis demandé si je voulais vraiment faire ça.

Dans nos cours d’horticulture, on apprenait de la biologie végétale par exemple. Pourtant, quand on travaille ce qu’on doit faire c’est arracher des plantes, donc ce n’est pas vraiment ce que j’imaginais ! Mais j’ai fini par trouver ma voix avec la coordination de projets en agriculture urbaine et maintenant ça ne me dérange pas de désherber, c’est relaxant.

J’aimerais que l’agriculture urbaine soit acceptée partout en terme de réglementation. Qu’il y est plus de projets sur les toits, les murs, plus de serre partout en ville !

qu'est-ce qui t'a amené à l'agriculture urbaine?

Au Collège Montmorency de Laval, j’ai choisi le programme d’horticulture ornementale et technique de commercialisation, il y avait un aspect de marketing que j’aimais particulièrement.

Le côté ornemental c’est surtout du travail de décoration avec des fleurs, j’aime ça, mais je me disais que ça n’avait aucune « utilité » ou presque, juste l’esthétisme. Je voulais faire quelque chose d’utile et tranquillement, je me suis intéressé à l’agriculture urbaine et j’ai entendu parler du CRAPAUD. J’ai postulé en tant qu’horticulteur. Puis le poste à la coordination s’est libéré et moi, l’organisation, la coordination, le marketing j’ai toujours aimé faire ça ! C’était parfait !

Est-ce que selon toi il y a des valeurs propres à l’agriculture urbaine? Qu’elles sont celles que tu trouves les plus importantes?

Effectivement, je pense qu’il y a des valeurs propres à l’agriculture urbaine comme le désir des gens de changer le monde, d’aider les autres, la solidarité. Faire quelque chose de bien.

Les projets en agriculture urbaine, ont ces valeurs-là -en ce moment c’est en train de changer-. Ce sont souvent et depuis longtemps des projets dans le communautaire plus qu’entrepreneuriales ou commerciales.  De plus en plus de gens sont conscients de l’importance de manger localement et santé. La solidarité envers les autres et la planète et c’est ça qui m’a beaucoup intéressé dans l’agriculture urbaine.

Hôtel à insectes, projet inter-comités du CRAPAUD, dont Luis était le Coordinateur.

Justement, de plus en plus de projets vont vers la commercialisation, qu’est-ce que tu en penses?

On est train de vivre, une grande une révolution avec l’agriculture urbaine donc on va amener autant de façon de voir et de façon de faire dans ce domaine et j’en suis content ! Ça va amener des changements sur le plan du politique et de la législation également.

Par contre, ce que je ne voudrais pas, c'est que l’agriculture urbaine soit détenue par un petit groupe de personnes, sous forme de monopole.

Est-ce que selon toi, il y a une agriculture urbaine versus une agriculture rurale?

Pour certaines personnes, l’agriculture urbaine vient faire compétition à l’agriculture rurale. Mais je pense qu’en réalité c’est plutôt une complémentarité qui va se jouer ici. On le voit de plus en plus, la relève agricole se trouve en ville en ce moment. Beaucoup de personnes qui vivent en ville pour le moment retourne en campagne pour avoir une ferme, peut-être que pour moi aussi c’est ce qui va se passer un jour, ça peut être dans mes plans de vie.

 Qu’est-ce que ça t’apporte dans ton quotidien cette pratique du jardinage?

Aujourd'hui encore, je travaille en coordination, mais malgré ça je m’arrange pour avoir du temps pour jardiner. Les gens pensent souvent que l’agriculture urbaine c’est seulement bon pour faire pousser des tomates. Mais ce n’est pas seulement ça, l’agriculture urbaine est multifonctionnelles. Les plantes ont vraiment beaucoup de bienfaits, par exemple, des études prouvent que les végétaux installés dans les hôpitaux aident certaines personnes à guérir plus vite.

En ville, on est privé de la nature, pourtant c’est bon pour la santé mentale, physique et pour l’environnement.

Il faut parfois combattre les aprioris et les peurs, des gens qui sont les plus proches de nous. Au début, ma mère n’était vraiment pas enthousiaste à l’idée de transformer notre pelouse en potager. Il faut y aller pas à pas, donc j’ai donc commencé avec une petite platebande de fleurs, que j’ai triplé la deuxième année. Puis un mon mini-potager, après un plus grand et je suis rendu à une micro ferme! Et ça économise sur notre panier d’épicerie!

Quand on est à la coordination de projets en agriculture urbaine, on a pas toujours le temps d’avoir les mains dans la terre. Pourtant, c’est d’être sur le terrain et de vivre les projets les toucher, qui donne une meilleure compréhension.

En 2012, une prairie mellifère a été implantée par le CRAPAUD (dans la cours des Sciences de l’Université du Québec à Montréal). En 2015, on a construit un hôtel à insectes (cf. photos) avec le comité intervention mellifère, j’avais eu l’idée des alvéoles sur Pinterest -je suis un vendu de Pinterest !-. Un de nos amis, Benoît Desmarais étudiait en menuiserie, il nous a aidé et apprit comment les construire. L’idée du CRAPAUD est que l’on apprenne à faire quelque chose, que l’on va pouvoir refaire seul.  Et c'est ce que j'ai fais d'ailleurs par la suite lors d'un stage, j'ai construis moi-même les alvéoles !

Luis, au bureau du CRAPAUD, à l'Université du Québec à Montréal

Quelles techniques de culture aimes-tu le plus ?

La pleine terre, comme Jean-Martin Fortier. Lorsque l’on en met beaucoup et que c’est productif. Mais essayer de recréer ce que la nature fait et mimer la nature le plus possible.

Parles-moi un peu du voyage que tu vas faire au Cameroun avec Alternatives :

On part en juin pour deux mois et demi pour un stage de coopération et solidarité internationale, on va offrir des ateliers en agriculture là-bas. On est une équipe de sept personnes avec un accompagnateur, qui avait participé au voyage l’année passée. On va essayer de partager des photos sur notre page Facebook, Agriculture urbaine Québec/Cameroun. On va faire un petit documentaire sûrement à la fin pour montrer les projets et les activités que l’on aura réalisés.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’appliquer pour le poste ?

Au début, je n’étais pas très sûr de vouloir partir, car ce sont les plus beaux mois de l’année ici. Mais en même temps, je vais découvrir une nouvelle façon de faire de l’agriculture urbaine, là-bas c’est aussi  faire pousser des bananes, des mangues, des avocatiers, ça va me sortir de mon cadre de référence. Toutes les plantes sont différentes, la terre n’est pas la même,  les gens sont différents, j’ai hâte.

Qu’est-ce que va devenir l’agriculture urbaine dans 10ans selon toi ?

J’aimerais qu’elle soit acceptée en termes de réglementation. Qu’il y ai plus de projet sur les toits, les murs et plus de serres partout. J’aime le style « tropical moderne » c’est moderne et minimaliste mais avec des plantes partout! Et que tout le monde soit heureux là-dedans ! C’est peut-être trop idéaliste…

Quels sont tes projets et tes rêves pour l’avenir ? Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

En ce moment, je suis à temps plein chez Alternatives Nourrir La Citoyenneté, je pars au Cameroun cet été et après je ne sais pas encore. J’ai le goût de partir mon projet en économie circulaire et préférablement en agriculture urbaine: Zéro déchet, 100% carbone-neutre et écologique (sans mousse de tourbe souvent utilisé dans la culture en bacs mais peu écologique).


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Sylvain Pouzet et la santé des sols

Le 23 janvier 2017

Pour ce premier portait, c’est le parcours de Sylvain Pouzet, consultant en environnement et en urbanisme que j’ai choisi de vous présenter.

J’ai rencontré Sylvain un jour de grosse neige, j’avais entendu parler de lui pour son expertise biologique des sols urbains et agricoles. On ne m’avait dit que du bien de lui, tant pour ce qu’il est, que pour sa vision engagée. Son enthousiasme, son engouement face à notre vision et à notre rapport à la terre et à la vie des sols en milieu urbain, m’ont donné envie de retranscrire au mieux qui il est.

Qu'est-ce que tu voulais faire quand tu étais enfant ?

Sculpteur ou capitaine de bateau ! Mais c’est seulement depuis un an que j’apprends à faire du voilier.

J’ai suivi un cours de Bernard Alonso (professeur en permaculture et coauteur de « Permaculture humaine » édition Ecosociété). Il nous a dit « n’oubliez jamais le métier que vous vouliez faire quand vous aviez 10 ans : c’était ça votre vocation. » À cet âge-là, tu as déjà des élans, des rêves, tu n’en fais pas forcément ton métier, mais il faut que tu le fasses dans ta vie. Je crois qu’il y avait un sentiment pur avec cette envie-là.

J’ai toujours aimé le jardinage, j’en faisais avec mon grand-père, mais pour moi c’était surtout une activité de retraité. Ça n’existait pas en tant que « vrai métier », c’était surtout un plaisir que chaque enfant devrait découvrir. L’éveil aux goûts dès le plus jeune âge est important, l’enfant sera à la recherche des meilleures choses tout le reste de sa vie. C’est d’ailleurs une des missions de l’agriculture urbaine : faire découvrir aux enfants la cueillette, le goût des fruits et légumes, la cuisine...etc.

C’est la vie qu’il y a dans les sols qui est un vrai pilier pour faire changer la société : à travers le changement de nos pratiques agricoles et même de nos pratiques de jardinage.

on a besoin de Low-tech !

Pourquoi t'es-tu tourné vers la permaculture ?

C’est en 2005 que j’ai entendu parler pour la première fois de la permaculture et de fermes qui proposaient un modèle alternatif à l’agriculture conventionnelle. J’ai toujours été ouvert et curieux de tout ce qui concernait l’environnement et la nature, je regardais des documentaires, des vidéos…etc. La permaculture fait le lien avec tout ce que j’ai étudié : la planification, la protection de la faune, les plantes, l’aménagement urbain, l’humain, mais aussi la générosité et la gratuité m’ont beaucoup attiré.

En 2008 j’ai entendu parler de Claude et Lydia Bourguignon (agronomes et fondateurs du Laboratoire Analyses Microbiologiques des Sols). J’ai dévoré tout ce que je pouvais lire et écouter d’eux, et je me suis rendu compte que c’était révolutionnaire.

J’ai compris qu’il y avait des pionniers qui démarraient quelque chose de nouveau et d’important : quelque chose de plus raisonnable, de plus sobre ! La sobriété c’est la valeur qui m’a touché le plus dans la permaculture, c’est réduire et économiser l’énergie. La maison la plus écologique c’est celle qu’on ne construit pas, c’est une vieille maison que l’on retape.

C’est aussi pour ça que je me suis lancé en urbanisme : c’est un réel levier de protection de l’environnement au sein du monde de la construction, c’est cette sobriété qui me reste en tête.

D’ailleurs, en ce qui concerne les techniques de cultures, je suis critique de l’aquaponie par exemple, je trouve ça trop perfectionné. La nature est déjà extrêmement perfectionnée, on est juste trop ignares pour le savoir ! C’est tout ce qui est Low-Tech* qui me parle.

C’est la vie qu’il y a dans les sols qui est un vrai pilier pour faire changer la société. À travers le changement de nos pratiques agricoles et même de nos pratiques de jardinage, on a besoin de Low-Tech!

*Low-Tech : par opposition, à High-tech est attribué à des techniques apparemment simples, économiques et populaires.

Il n'était pas prévu que je publie les fichiers audio de notre rencontre, le son n'est pas très bon et il y aura peut-être quelques jurons, mais je voulais vous donner accès à ce que l'écrit transmet mal : la passion d'une personne.

Qu'en est-il de la pollution de la terre en ville par les produits toxiques ?

La vie des sols en ville est malheureusement très peu questionnée. La seule question que l’on se pose c’est « est-il pollué ? ». On a surtout peur de l’insalubrité publique et on est soucieux de la responsabilité sanitaire des villes, mais on ne se questionne pas sur l’avenir du sol ou de sa qualité.

D’ailleurs, la proportion de matières polluées présente dans un sol cultivé, puis présente dans un légume consommé est souvent surestimée. Tout dépend de ce que l’on cultive, s’il y a des doutes sur le sol en question il faut éviter les légumes-feuilles : c’est-à-dire pas d’épinards, pas de salade, pas de kale. Ça peut paraître surprenant, mais il y a des risques bien inférieurs pour les légumes racines (les carottes par exemple). Pour plus de d’informations cliquez ici.

Le réflexe que les municipalités et les constructeurs ont, c’est de remplir 500 camions de cette terre polluée pour la déplacer ailleurs, puis l’encapsuler ou l’enfouir. On ramène ensuite de la terre saine de la campagne. Mais cette « nouvelle » terre a été trop brassée, perturbée, tassée : tout le microbiome a été perturbé et ça peut prendre des années à ce qu’il redevienne vraiment en santé.

On ne règle aucun problème comme ça, on le cache simplement, on le déplace. Il y a donc un manque de sensibilité et de connaissance de la part des élus, on peut régler le problème de la terre polluée sans la déplacer et directement sur place !

Alors qu’est-ce qu’on peut faire pour soigner un sol contaminé ? Planter des engrais verts par exemple ?

Il y a plusieurs façons de gérer le problème, et même si ce n’est pas vraiment ma spécialité, je m’y intéresse beaucoup. J’ai été l’année passée à une conférence de Génome Québec organisée par Les Amis du Champs des Possibles où deux chercheurs de l’Université de Montréal parlaient de phytoépuration, phytotraitement et de bioépuration. J’ai appris que certaines plantes peuvent décontaminer le sol et jouer différents rôles, par exemple en buvant l’eau du sol elles boivent également les polluants présents dans la terre. C’est intéressant, dans le cas où on détecte des métaux lourds sur toute la surface d’un terrain, en petite quantité, mais sur une grande surface : le fait d’utiliser des plantes absorbantes va avoir pour effet de concentrer le polluant dans un endroit, en l’occurrence les plantes, que l’on pourra ensuite traiter.

Les champignons sont bons pour traiter les hydrocarbures, par exemple : ils vont briser leurs longues chaines de carbone comme ils décomposent le bois. En compostant par la suite ces champignons, on peut continuer à simplifier ces chaînes qui ne seront plus au final des hydrocarbures. Ces chercheurs-là ont des techniques, mais ils les utilisent principalement dans leurs laboratoires et j’aimerais beaucoup essayer de le faire sur le terrain directement !

La ville de Montréal a tout de même décidé de lancer 4 projets pilotes avec ces chercheurs de l’Université de Montréal. La terre va être traitée sur site grâce au projet Genorem, une initiative à suivre de près qui j’espère changera les façons de faire actuelles, trop simplistes.

Est-ce que tu sais si la ville de Montréal pratique ces techniques d’amélioration des sols ?

En septembre j’ai parlé avec le Chef de section Biodiversité et Écologie urbaine du service des grands parcs, qui s’occupe des plantations des arbres. Je me demandais si on pouvait améliorer la qualité du sol lors des plantations d’arbres de remplacement de ceux touchés par l’agrile du frêne sur l’Ile de Montréal. Déjà, ils sont très à jour sur ces techniques, ils m’ont beaucoup impressionné. Ils travaillent notamment avec des doctorants de l’Université de McGill dès la plantation d’arbres en inoculant des champignons mycorhiziens dans la terre. Par contre, on peut se demander si la connexion entre ces champignons incorporés dans la terre et les racines du jeune arbre se produit réellement. Il y a de belles études de suivi à effectuer sur le sujet.

 

On est capable de mesurer cette connexion ? D’en avoir la certitude ?

Oui bien sûr, il y a des techniques que j’ai appris à l’université de Laval cette année, des tests à base de vinaigre et d’encre de stylo pour tester cette connexion : simple et peu cher !

pour la plupart des gens, le compost est une gestion de déchets. Pour moi c’est la création d’une ressource.
 

Quels conseils donnerais-tu si pour améliorer la qualité de son sol ?

Pour la plupart des gens, faire du compost c’est une gestion de déchets, pour moi c’est la création d’une ressource. Il faut apprendre à faire du bon compost en utilisant du géotextile par exemple, ou en faisant du compost de surface c’est-à-dire mettre tout simplement les déchets frais en surface de son potager.

Ces techniques qui sont très vendues par Lydia et Claude Bourguignon pour des agriculteurs qui ont « tué » leur sol avec l’utilisation de produits chimiques, pourraient être utilisés pour les sols en ville. C’est ça que j’aimerais faire, j’ai un cursus d’urbaniste et c’est surement pour ça que l’avenir du sol en milieu urbain me touche autant. Il y a un énorme besoin, même si le sol n’est pas pollué on peut booster un sol sain pour le rendre plus vivant et donc plus productif ! Un sol vivant, c’est un sol qui a une multiplicité de micro-organismes.

On peut également faire du thé de compost : une macération oxygénée donc très vivante qui va booster le sol. Les bulles vont décrocher les micro-organismes du compost et en rajoutant de la nourriture, c’est-à-dire essayer de se rapprocher du résultat final de l’humus. Il faut utiliser le thé de compost à la base d’un arbre, sur une pelouse ou un potager dans les 24h.

On ne devrait jamais laisser un terrain nu durant l’hiver. nous on s’habille pourquoi pas lui !

Il faut aussi penser à nourrir la terre. C’est un vrai défi dans les villes, on a besoin de carbone : de la paille, des feuilles, du carton sans encre. C’est un défi, car nous n’y avons accès plus difficilement qu’en campagne. Chaque jardinier urbain devrait garder son sac de feuilles à l’automne au lieu de se le faire ramasser par la ville et l’étaler sur son sol à la fermeture de son jardin.

D’ailleurs, s’il y a bien un endroit où la matière organique se dégrade très vite, c’est dans la couche située entre le sol et la neige, donc il faut mettre de la nourriture pour la terre avant qu’il ne neige : beaucoup de matière organique va ainsi intégrer le sol ! On ne devrait jamais laisser un terrain nu durant l’hiver. Nous on s’habille l’hiver, pourquoi pas lui !

Qu’est- ce qu’on peut te souhaiter pour l’année prochaine ?

De m’amuser avec les tests sur le sol et de trouver des terrains pour faire mes expériences !


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